/ didier faustino

evento2009

 

evento 2009 : intime collectif

Après la ville planifiée du xixe siècle et la ville globale du xxe siècle, après les expositions universelles et les capitales culturelles, il est temps de donner vie à une ville autre : une ville mentale et intime.

 

Aujourd’hui, la place est à l’expression d’un intime collectif dont le lieu de prédilection est la ville. Une ville pour tous qui est aussi la ville de chacun. Une ville où intérêts général et particulier cessent de s’opposer au profit de la construction d’un patrimoine sensible.

 

Il faut pour cela élaborer des dispositifs où installations, performances et manifestations se déploient dans la ville pour se transformer en monuments furtifs : monuments en tant qu’objets de célébration, furtifs car nomades, éphémères et donc insaisissables. Ces monuments d’un nouveau type prennent place partout. Ils s’infiltrent, s’insèrent au plus près, altérant l’existant pour créer de l’inattendu. Tels des imprévus urbains, ils modifient les trajectoires de l’ordinaire, provoquent des déviations. Ils sont le prétexte de rencontres entre les habitants et leur ville, passant par le prisme de l’intime. Secret partagé autour d’un lieu unique, madeleine de Proust réveillant les sens, ils catalysent désirs et envies, peurs et dégoûts pour permettre à chacun de se réapproprier sa ville. Les monuments furtifs sont autant de polarités, sources d’un foisonnement oublié, qui marquent la ville de leur présence un temps donné seulement laissant derrière eux une trace en forme de rémanence.

 

Grâce à ces rencontres intimes, semblables à des blind dates urbains, figures de l’improbable, il s’agit de redonner chair à la ville et de limiter définitivement son unique rôle de contenant. Elle est plus qu’un lieu où l’on habite, circule, travaille. Elle est avant tout un corps qui n’a de sens que s’il est le lieu de projection des constructions mentales de chacun. Un corps que l’on chuchote et non un corps que l’on crie. Un corps qui exacerbe le quotidien en en détournant les pratiques. 

 

La «ville-immeuble» doit s’effacer pour laisser place à la «ville-meuble», la ville changeante à géométrie variable. Au-delà des pierres et de l’imperturbable, des lieux en mouvement doivent s’improviser, des temps décomposés doivent se dérouler. Parallèlement, la «ville-mouvante» doit s’imposer à la «ville-passante» et faire à nouveau surgir la pause et l’errance, la réflexion et la divagation, la fête et le partage.

 

De la même façon qu’il faut redonner le centre aux arts vivants, redonnons la ville aux habitants dans une vraie logique d’échange. Laissons chacun saisir dans la ville sa part d’intimité et choisir de la protéger ou au contraire de l’exposer. Laissons à tous le choix de recomposer une urbanité au gré du désir.

 

Biographie : Didier Faustino

Didier Fiuza Faustino, artiste et architecte, partage ses activités entre Paris et Lisbonne.

Mésarchitecture